Réflexions #2

Publié le 15 juin 2022 à 16:07

Bonjour bonjour à toutes et tous,

Dites-donc, c'est fou avec quelle régularité et quelle abnégation je tiens ce blog..!
Merci en tout cas pour celles et ceux qui viennent me lire et me laissent gentiment des commentaires. Malheureusement je ne maîtrise pas toutes les subtilités de tenue d'un blog et n'arrive pas à répondre à un commentaire sans en ajouter un moi-même, sauf à rajouter une zone de commentaire à celle qui est déjà en place. Mais je vous ai lu(e·s) et ai été touchée par vos retours.
J'espère venir ici un peu plus souvent, parce que le pire c'est que j'ai des choses à dire et partager, j'ai un article "Cher corps" en cours, un article "Mais qui êtes-vous?" suite à celui paru chez Maud que j'aimerais beaucoup rédiger, et d'autres encore en ébauche, alors on verra.

A l'origine, quand j'ai décidé d'ouvrir ce blog, j'avais décidé de publier un article par mois, celui-ci sera le 4ème publié depuis septembre dernier, je suis loin du compte. Je voulais des articles plutôt fouillés mais je me demande si je ne vais pas "alléger cette prétention" pour être plus présente ici.

Bref, laissons le temps passer et les choses venir. 
Aujourd'hui, je vais donner mon avis sur deux choses à propos du célibat et de la vie de couple, vues sur Internet / dans des journaux qui m'ont interloquées et que je voulais, non pas contredire, mais développer dans ma vision car il me semble que ce sont des raccourcis faciles et je n'étais pas tout à fait d'accord avec elles. Et aussi deux autres réflexions plus personnelles en quelque sorte.
Alors, c'est parti! 
Bonne lecture, et à bientôt j'espère!!

 

Célibataire, il s'éclate (sous-entendu: on se fait ch... quand on est en couple??!!)

Alors si je ne me trompe pas c'était un des titres en première page d'un magazine people évoquant Kylian Mbappé. 
Je suis assez portée développement personnel (au cas où vous ne l'auriez pas encore compris ;-)) et quand j'ai lu cela c'est comme si une croyance limitante m'avait sauté aux yeux, sans prévenir. Mais, comme dirait ma fille, genre vraiment.

Alors oui évidemment je ne dis pas, de ma propre expérience et de ce que je peux voir autour de moi, qu'on ne fait pas les mêmes choses quand on est seul·e et quand on est en couple. Mais en quoi être en couple nous empêcherait-il de nous "éclater", de vivre notre vie comme on en a envie?! Vivre en couple, de surcroît en cohabitation, ça appelle des responsabilités (bon, qu'on a aussi quand on vit seul·e chez soi, ou même en colocation avec d'autres personnes). Du style aller faire des courses, faire son ménage, à manger, s'occuper de ses enfants quand on en a (et de toute la logistique qui va avec), et j'en passe et des meilleures :-) 
A côté de ces responsabilités, de la façon dont on les gère ou dont on se débrouille, on peut aussi sortir, aller au cinéma, au restaurant, lire, se balader, faire du sport - liste non exhaustive. Seul·e ou accompagné·e. De ses ami·e·s, copains/ copines, de son (ou ses!) conjoint, de ses enfants, etc. 
Bien sûr, on peut choisir aussi de laisser ces responsabilités à un tiers, consentant ou non. Rémunéré, ou pas. On peut aussi se refuser à s'éclater (ce que je considère personnellement comme prendre du temps pour soi et faire ce que l'on a envie de faire), là aussi pour différentes raisons: manque de moyens financiers, parce qu'on a autre chose de plus "productif" à faire et donc qu'on n'a pas le temps, et certainement encore d'autres raisons qui ne me viennent pas spontanément à l'esprit. Mais pour moi tout ça c'est du "bullshit", et je le dis parce que je sais de quoi je parle. Parce que je ne fais pas beaucoup plus en vivant seule qu'en vivant avec mon compagnon. Parfois, je ne m'autorise pas à créer, lire ou autre parce qu'il y a toujours autre chose à faire à la maison: passer l'aspirateur, laver par terre, faire du repassage. Qu'il "faut" le faire pour avoir notre maison propre. Mais qu'est-ce qui nous/m'empêche de prendre une femme de ménage pour faire cela? En l'occurrence, je pourrais en payer une pour qu'elle vienne une à deux fois par mois le faire à ma (notre, parce qu'il en fait un peu plus que moi, au final!) place. 
Nous habitons de nouveau ensemble (la période d'essai va bientôt s'achever ;-)) et, pendant la période où j'habitais seule, je me plaignais d'avoir à faire la route, d'être souvent chez lui et donc de "perdre mon temps" à ne pas m'éclater chez moi. Alors que le résultat est que je n'en fais pas plus ici que là-bas. Parce que j'ai une résistance intérieure, je ne peux pas prendre du temps pour moi, ou pas trop en tout cas, pour faire ce que je veux parce que ça ne "sert à rien". Comme mon copain le dirait, c'est du "bricolage". Sous-entendu: ce n'est pas important. Mais pas important pour qui? Lui? Moi? La société? Le regard des autres?... Mais si, pour moi, c'est important.

Alors je me souviens que quand nous habitions ensemble, la première fois, il me reprochait de ne pas en faire assez (à la campagne, il y a toujours quelque chose et surtout autre chose à faire), pourquoi je fais une sieste? peut-être parce que je suis fatiguée, de ne pas être en train d'astiquer la maison, de ne pas faire suffisamment à manger, ou pas comme lui le voudrait. Cela a contribué au fait que j'ai voulu avoir mon chez-moi. D'ailleurs désormais une des conditions de notre re-cohabitation, c'est d'avoir MA pièce, chez lui, avec mes affaires, et du temps pour moi. Et je vais le prendre, ce temps pour moi, pour me faire du bien, m'aérer l'esprit, penser à autre chose que mes ruminations. Parce que oui, c'est important. Parce que mon bien-être apportera indirectement à la société, à notre couple, à la maisonnée, à laquelle j'aurais sûrement plus envie de me dédier si j'ai par ailleurs pu penser à moi. Comme on choisirait d'aller faire du sport pour se défouler, je décide de créer pour me recentrer. Et de faire ça avant toute chose, même pas longtemps, même seulement quelques minutes, c'est l'effet cumulé qui compte ici.

Pour conclure, je pense que ce qui nous arrange avec cet "adage", c'est de ne pas prendre la responsabilité (on y revient toujours) de ce qu'on a envie de faire. Et de rejeter la faute sur l'autre. Parce que c'est plus facile que de prendre son destin et sa vie en mains.
Alors je sais qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut, surtout les femmes (bien plus que les hommes, qui recevront en général plus d'aides diverses et variées de leur entourage, parce que les pauvres hommes, quand même...) élevant seules leurs enfants. Ou devant s'occuper de leurs parents, ou autre d'ailleurs. Dont je ne fais pas partie. Mais je peux voir sur Internet des femmes de tous horizons qui s'autorisent à prendre un minimum de temps pour elles. Parce que c'est vital, tout simplement. Pour mieux s'occuper des autres ensuite. Et je parle de nous, les femmes, mais pourquoi les hommes auraient-ils plus le "droit" de s'éclater que nous?? Ils le font d'ailleurs assez spontanément et naturellement sans nous demander notre avis la plupart du temps (#selfexperience).

 

Célibataire, c'est être libre (sous-entendu: on n'est pas libre quand on est en couple??!!)
Cette fois, il doit plus ou moins s'agir du titre d'un article lu sur Internet. Et là, pareil, quelle croyance limitante, non? 
J'aurais pu la mettre avec la croyance précédente mais elle se situe à un autre niveau, d'où cette distinction. Même si je me rends compte que c'est moi qui ai plus ou moins fait l'amalgame entre célibataire = s'éclater = libre et couple = s'ennuyer = entravé.

Mais pourquoi tout cet acharnement contre le couple alors que c'est ce que la plupart de nous recherchons, la vie de couple? Parce qu'elle fait du bien, mais nous fait du mal aussi tellement elle nous renvoie à ce qu'il y a de plus profond en nous, ce qu'on ne veut pas forcément voir mais qui fait que nous sommes qui nous sommes. Ce que je voulais surtout signifier ici c'est qu'on peut tout à fait décider d'être libre en couple. En amont, quand on commence à se fréquenter, en choisissant de ne pas vivre ensemble par exemple. Et encore, vivre ensemble pour moi ne veut pas dire ne plus être libre. Ou en choisissant de ne se voir qu'une, ou deux, ou trois (etc.) fois par semaine et de garder les autres jours pour soi. Ou en choisissant de fréquenter plusieurs personnes en même temps... On est intrinsèquement libre, de nos choix de vie en tout cas. Même si l'on pense le contraire. A nous de nous accommoder des conséquences de ces choix.
Il y un épisode de Change ma vie à ce sujet que je vous recommande fortement d'écouter, ici.
On peut aussi choisir, au cours de la vie de couple et/ou de la cohabitation éventuelle, de modifier ce qui ne nous convient pas, ou plus. Spoiler alert: l'autre peut décider la même chose! On peut décider de ne plus habiter ensemble mais de continuer notre relation, ou de l'arrêter. On peut décider d'avoir une liaison, une relation polyamoureuse, de changer de travail qui nous emmène ailleurs, de partir à l'étranger sans l'autre, ou que sais-je encore. On est LIBRE. Ici et maintenant. A nous de l'assumer. Et, comme déjà dit dans le paragraphe précédent, ne faisons pas subir à l'autre ou ne lui en voulons pas pour nos "non-choix", nos mauvais choix, etc. Tout ce qui ne nous convient pas. Parce que cela aussi, on est libre de le changer. 
Nous sommes les seuls responsables de notre vie et de nos choix, alors assumons comme de vrais adultes, et arrêtons de nous comporter comme des enfants (et croyez-moi quand je vous écris que je m'inclus dans cette catégorie, par moments, car personne n'est parfait, mais cette croyance je la démonterai une autre fois :'-D...) 

Les attentes vis-à-vis de l'autre
Ce petit paragraphe par rapport au commentaire de Marie suite à cet article, qui m'a quelque peu interpellé. Par rapport aux attentes, qu'elle en avait de moins en moins et que ça l'aidait de na pas vivre avec son chéri.
Eh bien c'est drôle parce que je me rends compte qu'en général j'ai en effet moi aussi moins d'attentes, notamment par rapport à Lui, mais ça n'a rien à voir avec le fait d'habiter ensemble ou pas. J'avais pas mal d'attentes à l'époque, on se connaissait peu, on a vite habité ensemble et je pense que j'avais un besoin de fusion pour oublier cette vie que j'avais laissé derrière moi. Et au début, "forcément", il était réceptif mais plus ça allait et plus, lui qui vivait dans son environnement de toujours, s'est éloigné psychiquement de moi. S'est détaché. Et ça a été rude, d'où notre séparation physique pour un meilleur équilibre, pour lui comme pour moi.
Ma maison à moi a été mon havre de paix mais je ne cache pas que j'avais toujours pas mal d'attentes par rapport à lui. Les efforts que je faisais dans son sens, il fallait qu'il m'en rende un peu. Cela s'est fait naturellement parce qu'on se retrouvait après une rupture et que ça marchait (et marche toujours!) bien entre nous. Mais je pense qu'il y a toujours un minimum d'attentes, au moins inconscientes, dans le couple notamment (et Marie le rappelle très bien dans son commentaire) Et il me semble que si ces attentes n'existent plus, la cohabitation intime se transforme en simple colocation et ce n'est pas ce que je recherche pour mon couple. J'ai intrinsèquement (oui j'aime bien ce mot), quoi qu'on puisse en lire par ailleurs, des besoins qu'il est le seul à pouvoir combler. Parce que c'est mon chéri. Pas parce que je ne pourrais pas moi-même les satisfaire dans l'absolu mais parce que je considère que le couple, ça sert à ça aussi.
Sinon, à quoi bon?!

 

Que laisser à ses enfants? Une trace écrite?
D'une manière générale, je pense assez à assurer l'avenir financier de mes enfants. Alors qu'ils ne devraient manquer de rien... Leurs grands-parents paternels ont des biens immobiliers en plus de leur maison, et moi j'ai un appartement que j'ai acheté lorsque j'habitais à l'époque chez mon compagnon, afin d'avoir quand même quelque chose à moi, et la maison où je vis encore officiellement. Plus un bien qu'on achète avec mon compagnon en SCI dont j'ai 1/4 des parts. Financièrement, ça devrait donc aller pour eux.
Sûrement plus que pour moi, mes parents n'ayant "qu'une maison", mais déjà une maison. Bref.
J'ai fait un coaching à l'époque et lors d'une séance individuelle je me posais la question de me séparer de mon appartement car j'avais l'impression que ça me faisait perdre plus d'argent qu'en gagner. Et ma coach m'avait demandé, en gros, ou en tout cas de ce que j'en ai retenu finalement, ce que je pouvais leur léguer d'autre. Et ça a été une question très "open-minded", qui m'a fait me questionner sur ce que je voulais leur laisser.
Il s'en est passé du temps depuis mais il y a peu j'ai décidé de leur dédier un cahier chacun, où je leur raconterai en quelque sorte leur histoire, peut-être avec des photos, images, billets, pourquoi pas dessins ou tout ce qui pourrait me passer par la tête. Et leur écrire, évidemment. Et le faire individuellement pour qu'ils n'aient pas à se battre pour cet héritage :-D
J'ai commencé par mon fils (bon seulement une page et 1/2, parce qu'il faut trouver le temps et l'énergie, aussi!) parce que je ressens comme une culpabilité par rapport à lui, qui était si petit quand on s'est séparés d'avec son père (presque trois ans). Une culpabilité aussi à ne pas vivre avec lui au quotidien, à avoir choisi ma "liberté" (mon divorce) à la place de leur présence, à me fâcher principalement sur lui quand je me prends la tête avec mon conjoint (ça m'est arrivé pendant le confinement et je pense que je m'en voudrais toujours, même si je m'en suis excusée), à me dire qu'en tant que garçon il a besoin de sa mère et que sa sœur a plus de "chance" que lui puisqu'en tant que fille elle vit avec son père... Un peu comme si je le voyais comme un garçon fragile, parce que très sensible. Un peu comme si, à travers ce cahier et ce que je vais y raconter, je voulais lui donner de ma force pour réussir à traverser les tourments de la vie.
Et à ma fille je me prépare à lui dire que je suis tellement fière d'elle, de la jeune fille qu'elle devient, qu'elle est tellement plus que moi, à oser demander alors qu'à son âge j'étais tellement timide. Elle va faire un spectacle avec sa chorale ce samedi, à 13 ans, et je suis si admirative parce qu'à sa place je n'aurais certainement jamais osé. Elle ose "affronter" les adultes, parler avec eux, leur dire les choses, même celles qui dérangent. Elle a pris ma défense une fois devant un membre de ma famille et c'est fou la loyauté qui se dégage d'elle par rapport à son entourage... Un peu moins vis-à-vis de son frère mais ça doit être la rivalité fraternelle et l'adolescence, aussi. Evidemment qu'elle n'est pas parfaite, mais je suis tellement fière qu'elle soit ma fille. Comme je suis fière d'être la maman de mon garçon!!
Leur raconter mon histoire pour qu'ils comprennent la leur, ses bons et ses moins bons côtés, ce dont j'ai pu voir honte et ce que j'ai fait d'admirable dans la vie, tout ce qui fait mon humanité. Pour qu'ils sachent d'où ils viennent et peut-être pour leur permettre de trouver plus facilement leur chemin. Peut-être parce que j'aurais aimé qu'on me guide de cette façon, aussi...

Et vous, que pensez-vous de cette envie de laisser cette trace écrite de ma vie à mes enfants? Pourriez-vous faire la même chose? 


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