Réflexions #1

Publié le 18 octobre 2021 à 15:43

Je vais instaurer ce genre d'articles régulièrement afin d'une part de partager ce qui peut me passer par la tête et d'autre part pour vous faire patienter par rapport à d'autres articles "de fond" pour ainsi dire, qui me demanderont certainement plus de travail ou de temps. J'en ai d'ailleurs un en cours actuellement, sur les podcasts que j'écoute. Un autre devrait suivre sur mon expérience de la créativité.

En tant qu'introvertie hypersensible, je suis beaucoup dans ma tête et mes réflexions me prennent une énergie considérable. Qui, en outre, génèrent en moi pas mal d'émotions, assez fortes et parfois contradictoires. 

C'est ce que je vais vous partager ici à propos de trois sujets: corps et poids, les attentes de la femme dans la relation amoureuse et mes contradictions émotionnelles (justement), notamment en couple. Car oui, vous vous rendrez compte que le couple, avec la famille recomposée, est le principal sujet qui me préoccupe :'-)

 

LE POIDS DE NOTRE CORPS (et de notre tête)

C'est tout un cheminement personnel qui m'invite évidemment à vous parler de cela. Un très long cheminement, qui remonte à d'aussi loin que je me souvienne car à part peut-être pendant mes 5 ou 6 premières années de vie j'ai toujours eu des problèmes de poids, avec un surpoids assez important depuis l'entrée en primaire (je pesais à l'époque le même poids que j'ai aujourd'hui en "poids de forme") jusqu'au début de ma vie d'adulte et des "rechutes" depuis. Je ne me souviens pas d'une raison particulière qui aurait fait que j'ai pris beaucoup de poids à un moment, à part le fait que dans ma famille il fallait terminer son assiette parce que de toute façon, "il vaut mieux faire envie que pitié". 
Je vais passer les détails parce que ce n'est pas le sujet de cet article, mais j'ai fait, comme la plupart des gens, beaucoup de régimes. J'ai également eu des périodes de boulimie en voulant suivre l'exemple d'une copine de collège (et quel exemple...). J'ai eu plusieurs périodes récemment, et notamment pendant le premier confinement, où j'ai perdu du poids (environ 5 kg), que j'ai fini par reprendre. Je ne vais pas cacher que je me sentais mieux, parce que je me rapprochais de la "norme" (et encore, j'ai un poids normal en règle générale, même si je suis loin de ressembler à un mannequin et que je ne le pourrais de toute façon jamais, à moins de me contraindre à vie et cela, il en est hors de question!), mais ma vie n'en était pas non plus radicalement transformée pour autant.
Je me suis rendue compte que ces 5 kg en plus ou en moins ne me rendaient pas plus ou moins désirable aux yeux des hommes, et surtout de mes compagnons respectifs, mais que par contre, à force, ils détraquaient mon métabolisme.
Je suis pas mal de personnes sur Internet, que ce soit sur Instagram ou en podcast, qui parlent du poids, du rapport au corps et du fait de s'écouter, tout simplement. Même si c'est loin d'être simple, et c'est bien là que le bât blesse. Et c'est un peu la raison d'être de ce blog, à savoir la place de la femme dans notre monde actuel. Car l'attention au poids n'est-il pas un problème essentiellement féminin? 
Qu'on soit bien d'accord: oui, certains hommes aussi luttent contre leurs problèmes de poids. Et si c'était un problème aussi bien féminin que masculin, ou plus masculin, cela ne rendrait pas la chose plus supportable. Toujours est-il que dans notre société patriarcale, mais aussi capitaliste (car l'argent généré par les régimes notamment coule à flots...), ce sont surtout les femmes qui trinquent et qui se détraquent.

J'ai dernièrement lu "Osez manger: Libérez-vous du contrôle" du Dr. Jean-Philippe Zermati. Il fait partie, avec notamment le Dr. Gérard Apfeldorfer, de l'association GROS. En plus de vous recommander vivement la lecture de ce livre qui parle, entre autres, d'alimentation intuitive, qui semble bien être LA solution aux problèmes de poids, je vous encourage vivement à suivre leur travail, qui me semble plus qu'intéressant sur les problèmes de surpoids et d'obésité.
Je ne vais pas vous faire un résumé du livre mais vous dire qu'il m'a (enfin!) ouvert les yeux sur une chose: pourquoi chercher à maîtriser, voire contrôler, son alimentation, alors qu'on ne le fait pas, ou si peu puisque le corps se régule de lui-même pour ces choses-là, concernant sa respiration, son transit, son sommeil, la pousse de ses cheveux ou de ses ongles, l'état de notre peau, l'ensemble de nos  organes et tissus, le fait d'être malade ou en bonne santé, etc.? 
On ne s'endort pas (forcément) dès qu'on en a envie, on ne va pas aux toilettes quand on le décide, on ne se dit pas "tiens, là, je vais éternuer", on ne décide pas d'avoir un cancer, ou un AVC, ou que sais-je encore, alors pourquoi veut-on tellement contrôler son alimentation? Pourquoi ne pas tout simplement laisser notre corps et notre tête dialoguer en paix et manger ce qu'ils décident, ensemble ou séparément, sans tout le brouhaha auquel on s'est habitué? 

A méditer!

 

LES ATTENTES DES FEMMES DANS LA RELATION AMOUREUSE

Je voulais ici aussi poser une réflexion concernant la femme dans la relation amoureuse, et notamment la place de ses attentes, qu'elles soient mentales ou temporelles. Là aussi il me semble que le patriarcat y joue un rôle important. Avec les films Disney. Je sais pas pour vous, mais moi, le prince charmant, je l'attends toujours. Ou plutôt non, je ne l'attends plus, après l'avoir longtemps attendu. Je pense de toute façon désormais qu'il serait un peu chiant à fréquenter, à force, ce prince charmant..!
Bref, cet interlude mis à part, revenons-en au sujet.
De ma propre expérience, j'ai l'impression d'être toujours en attente, peut-être pas tout le temps de tous les gens en général, mais plus particulièrement de mon compagnon - très certainement parce qu'il s'agit avec lui de la relation la plus importante de ma vie. Il y a les attentes que j'ai par rapport à lui dans ses comportements (ce qui est appelé en dév. perso. "manuel de bonne conduite" et qui s'applique à toutes nos relations), ce que je m'attends à ce qu'il fasse pour notre relation, moi, notre famille, ce qu'il pourrait prévoir comme sorties etc. C'est une chose qui est, me semble-t-il, possiblement maîtrisable à partir du moment où on en a conscience.
Par exemple, si je sais que j'ai besoin de câlins mais que lui n'est pas spécialement en demande, je vais prendre la responsabilité de répondre à ce besoin en particulier et être l'instigatrice. Comme ce n'est pas un monstre, il répond en règle générale assez bien à ma demande. Et, à force de me connaître, il est de plus en plus tendre avec moi parce qu'il sait que s'il répond à ce besoin je suis également plus prompte à répondre aux siens (par ex. rendre des services aux personnes de son entourage un peu trop souvent à mon goût ;-) mais on ne se refait pas et je ne le referai pas non plus!).
Au sujet des besoins "amoureux", je vous recommande vivement la lectures de "Les 5 langages de l'amour" de Gary Chapman qui est très éclairant sur le façon dont on donne et dont on reçoit de l'amour et de comment parfois on peut se méprendre dans le couple.

A côté de ces attentes mentales, il y aussi ce que j'appelle les attentes temporelles. Autant je pense que les attentes mentales sont communément "admises", autant j'ai l'impression que les attentes temporelles sont le propre des femmes. C'est en tout cas le mien, dans mon couple. Alors évidemment je sais ce que je pourrais faire pour y remédier, à savoir prendre du temps et faire des choses pour moi. Et bien sûr il m'arrive de le faire. Quand je ne suis pas avec lui ou qu'on ne doit pas se voir, cela ne pose aucun problème. Mais à choisir entre passer du temps avec lui, ou pas, mon choix est vite fait (pssst: c'est le premier!). Alors que, mon compagnon étant plutôt du genre actif, eh bien il n'hésite pas à rendre service à tout va, même s'il a quand même mis le holà depuis qu'on se connaît. Et donc forcément, comme je ne m'autorise pas tout à fait à faire ce dont j'ai envie, quand j'en ai envie, je reste dans l'attente de sa disponibilité. Et c'est parfois lourd à porter, d'autant plus que j'ai l'impression de lui mettre un poids supplémentaire sur les épaules. Cependant, ma conception du couple étant de passer un minimum de temps de qualité ensemble (hors routine quotidienne des soirées d'après boulot, évidemment), j'attends de lui qu'il privilégie un minimum les temps en couple/ en famille.
Je sais qu'il a beaucoup évolué sur ce sujet, qu'il me met plus spontanément au centre de sa vie mais les blessures de notre vie d'avant se ravivent parfois quand les sollicitations se font plus nombreuses. Et forcément l'attente plus douloureuse. Je n'ai pas envie de le cadrer ni de le contrôler (spoiler alert: ça ne fonctionne pas!), j'ai envie que ce soit aussi naturel pour lui que pour moi de passer un peu plus de moments ensemble dès que cela est possible. Je n'ai pas l'impression de demander la lune mais pourtant ça me semble tout sauf naturel, parfois. 

 

MES CONTRADICTIONS EMOTIONNELLES
Rappel de l'introduction: je suis hypersensible. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai tendance à éprouver de très vives émotions même si les évènements ou les circonstances n'amènent pas forcément spontanément à cela.
Je peux être en émerveillement total devant une merveille de la nature, comme un papillon qui vole, un coucher ou un lever de soleil, une abeille qui butine... Les injustices me mettent en colère, les histoires de maltraitance animale ou enfantine, les féminicides me révoltent. Je peux me mettre à pleurer presque comme une madeleine devant une scène triste d'un film, ou en écoutant une chanson. Je peux rire aux éclats devant un sketch ou un bêtisier. 
En règle générale, j'ai un comportement dans la norme mais il suffit par exemple que je sois fatiguée, en période de règles ou encore qu'un souvenir me revienne en mémoire pour que mes émotions explosent/débordent. C'est souvent lourd à porter mais je crois que je préfère ça à des réactions tempérées. Peut-être tout simplement aussi parce que j'y suis habituée, que je n'y peux rien changer et que je ne me vois pas réagir différemment. Parce que je m'accepte intégralement, finalement.
Et en fait dans le cadre de mon couple plus particulièrement (eh oui, encore une fois 🙂), il se trouve que je me sens prise au dépourvu par rapport à la "violence" de certains de mes comportements / mots / actions. Comme on le dit, on est souvent plus familier (dans le mauvais sens du terme) avec les gens qui nous sont le plus proches. J'ai d'ailleurs aussi tendance à me relâcher avec mes enfants. Mais bizarrement les liens de sang me semblent assez forts pour passer outre ou pardonner plus facilement.
Si mon compagnon n'agit pas comme je l'entends ou fait quelque chose qui me déplaît (ce qui n'ira pas dans le sens du manuel de bonne conduite que j'ai à son égard, voire point précédent), après la déception qui apparaît inévitablement presque à chaque fois, il y aura de la tristesse ou bien encore de la colère. Et finalement ces émotions ont plus rapport à la vie de couple "idéale" que je ne mène pas plutôt qu'à lui. Mais c'est lui qui est là et pour rien au monde je n'en voudrais un autre. Mais je commence à me dire que si ces réactions sont aussi extrêmes, c'est qu'il s'agit aussi du pendant de tout l'amour que j'ai pour et de tout l'espoir que je place en lui.
C'est d'ailleurs cet amour qui me donne l'humilité de m'excuser quand je suis allée trop loin dans ma réaction. Il le fait aussi, d'une façon ou d'une autre. Et il n'y a à mes yeux pas de plus belle preuve d'amour que de se montrer vulnérable à l'autre.
Autrement dit, les sentiments que j'éprouve pour lui sont tellement forts que ma réaction ne peut être proportionnellement qu'aussi forte. Même si les deux sont en contradiction de par leur substance (l'amour que j'ai pour lui vs. la colère que j'éprouve par rapport à lui). Je suis réconfortée d'avoir eu cette réflexion car je n'ai pas envie d'une relation fade. J'aimerais être plus "tranquille" parfois mais si c'est le prix à payer (comme pour mon hypersensibilité, qui doit jouer aussi son rôle dans ce processus), alors je m'y soumets. Avec certaines limites quand même, ne soyez pas inquiets! 

 

Voilà pour ces premières réflexions bloguesques. 
J'espère qu'elles pourront vous parler, d'une façon ou d'une autre et vous apporter éventuellement quelques pistes de réflexion.
Si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à me faire un retour en commentaires sur votre propre vision des choses.

Merci, et à bientôt ❤️ 


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Commentaires

Marie Kléber
il y a 6 mois

Bonjour, intéressantes réflexions!
Pour le corps, oui je trouve que dans la société il y a un gros focus sur le poids chez les femmes. Les hommes ont l'air de moins s'en soucier. La société nous montre un type de corps et toutes les femmes se comparent à cet "idéal". C'est un peu dommage et en même temps difficile de s'en détacher. Comme si notre corps nous définissait entièrement.
Enfin on voit de plus en plus de publicités avec des corps de femmes différents et je trouve que c'est un progrès...

Marie Kléber
il y a 6 mois

En ce qui concerne les attentes, j'avoue qu'avec le temps j'en ai de moins en moins. Et que ça me procure de plus en plus de sérénité.
Le fait de ne pas vivre sous le même toit que mon amoureux m'aide beaucoup. Je crois que la vie à deux je ne pourrais plus. J'ai été beaucoup dans l'attente et souvent désœuvrée face à des manques de la part de l'autre.
Je crois que nous sommes tous plus ou moins dans l'attente, c'est le propre des relations humaines, non?